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JULES, 1 AN DE TOI

Mon fils … Je viens d’écrire seulement deux mots, mais je pleure déjà. Un an. Tu as un an. En fait, tu as 1 an et 9 mois dans mon coeur.

Toi que j’ai senti se nicher en moi. Je me revois, à New York, identifier un retard de règles d’une journée seulement et avoir cette sensation, cette intuition que je suis enceinte. Six jours à New York, 2 tests de grossesse négatifs, mais je savais qu’il se passait quelque chose. J’étais intimement persuadée, je sentais au fond de moi que tu étais là. Je me souviens de tout de ces 21 derniers mois. De cette attente du résultat de la prise de sang qui n’arrivait pas, pour finalement l’avoir à la salle de sport et exploser en larmes en plein milieu des machines. De l’annonce à ton Papa, un peu décontenancé, de nos premiers rendez-vous difficiles chez le gynécologue, puis de la joie de savoir que tout va bien. De l’annonce à Louise qui n’a pas assimilé tout de suite du haut de ses 2 ans, à nos parents, pas très surpris, aux copines, trop contentes.

Puis l’été est arrivé, et avec lui, la découverte du sexe. Je m’étais beaucoup projetée avec une fille. J’avais tellement aimé être la maman d’une petite fille que je voulais que ça recommence ! Puis finalement, tu étais un garçon, d’après l’annonce de Louise un peu ambigüe ! J’ai honte de te dire que j’ai eu une once de déception mais tu sais, avec les hormones, on est parfois un peu différentes. J’ai mis un peu de temps à assimiler que j’allais avoir un garçon, parce qu’en fait, ça me faisait peur. L’inconnu. Je suis une femme, je n’ai pas de frère, et j’avais eu une fille. Je me suis tout de suite sentie responsable, j’allais mettre au monde un petit garçon et j’endossais le rôle de t’aider à devenir un mec bien ! J’avais du mal à me projeter mais j’étais de plus en plus excitée à l’idée que tu sois un petit garçon. Comme la sensation de repartir de zéro, que tout allait être nouveau. Finalement, j’en étais trop contente. Comme pour Louise 3 ans avant, j’avais juste besoin d’un petit temps d’adaptation ! On l’a annoncé à tes grands-parents, avec des ballons. On te montrera quand tu seras grand mais on a bien rigolé ! Pendant l’été, j’étais épanouie, puis je me souviens des derniers mois, de l’annonce de la position en siège et de la césarienne qui allait arriver. Du stress, de l’appréhension. J’ai enchaîné les rendez-vous pour t’aider à te retourner, puis je me suis résignée, tu devais être bien installée, puis je me suis préparée au grand jour. Pendant ce temps, on savourait aussi nos derniers moments à trois et on emmenait Louise à la gym et à la piscine. D’ailleurs, c’est à la piscine qu’on a tranché pour ton prénom ! Ton Papa m’a dit à un moment « Pour Jules ». Je lui ai dit « Ah donc ça y est, c’est tranché ? ». C’est comme ça que tu es devenu un petit Jules, deux mois avant ta naissance !

Je me souviens encore de ce 13 novembre, quand je suis arrivée à la maternité. J’étais en mode combat. Je ne pensais qu’à la césarienne à venir, j’étais à la fois sereine et stressée. D’ailleurs, tu n’as pas bougé de la journée, comme si tu te faisais tout petit. J’ai préparé la chambre pour ton arrivée sans vraiment prendre conscience que 12 heures plus tard, tu serais là. Avant de dormir, je suis sentie apaisée, j’avais tout fait pour me préparer, il ne me restait plus qu’à dormir. Et là, tu t’es manifesté, tu bougeais beaucoup, mon ventre était tout déformé, alors je tapotais sur mon ventre et on papotait ! Puis l’accouchement est arrivé, l’attente en salle de réveil, et enfin notre premier moment. J’étais endolorie, fatiguée nerveusement de ne pas t’avoir retrouvé immédiatement, j’avais pleuré, râlé. Mais j’ai vu arrivé ton papa et la sage-femme qui a juste été géniale de t’amener à moi pour ce peau à peau. Là, je t’ai découvert, si beau, si apaisé et les traits si fins. J’ai pris conscience à ce moment-là que j’étais tellement focus sur la césarienne à venir que je ne t’avais jamais imaginé, je ne m’étais jamais demandé comment tu serais, je ne t’avais jamais visualisé dans mes pensées. Aussi fou que ça puisse paraître. Et je t’ai découvert. Su-blime. Les traits particulièrement fins, le visage bien rond, la peau si douce. Un tsunami d’émotions, de bonheur et un amour intense, immédiat. T’avoir là, contre moi, au chaud, le tout premier lien hors de mon ventre, toi qui était encore in utero deux heures avant. Une fois de plus, je m’extasie de ce dont le corps est capable et je profite de ces 40 minutes de bonheur qui m’ont été offertes.

Puis notre lien a commencé à se construire. Dès le retour en chambre. Tu as été un petit bébé koala. Je crois que c’est l’expression qui a le plus marqué la période nourrisson. Quatre jours de maternité, et toujours contre moi les petites fesses en l’air. J’ai tellement adoré ça, et j’en ai tant profité. J’ai eu de la chance, tu as été un nourrisson comme toutes les mamans en rêveraient. Apaisé. Oui, a-pai-sé. Jamais un pleur, jamais un râle, paisible dans son berceau, heureux dans mes bras, serein sur mon lit. Tu mangeais peu mais tu mangeais. Le transit fonctionnait. Pas de maux particuliers. Le petit nourrisson parfait qui va très bien. Je m’étais pourtant préparée à tout. Après 3 ans de vie de maman et d’échanges avec d’autres mamans, j’avais pensé aux nuits courtes, aux coliques, aux régurgitations, aux pleurs, mais rien de tout ça n’est arrivé. Jamais. Et oui, on l’a savouré chaque instant.

Je te revois avec ta petite tête sur mon buste, tes petits bonnets gris, tes minuscules pyjamas et tes petits sourires réflexes. J’ai profité de toi chaque instant, profité encore plus en sachant que ce serait sûrement la dernière fois. J’ai fait aussi pas mal de photos et de vidéos !

Je me souviens comme tu étais bien dans ton couffin. Ce couffin, je le voulais tellement, et j’ai bien fait ! Moi qui m’étais préparée à recommencer le cododo, il n’en a pas été ainsi ! Tu dormais si bien. Je n’en revenais pas. Je te posais, tu fermais les yeux, tu dormais. Tout était si facile. Si bien que ton couffin et ton nid d’ange, tu y as dormi pendant 1 mois et demi nuit et siestes ! Je donnerais tout pour revivre un de ces merveilleux moments.

J’ai pris du plaisir à t’habiller, chaque jour. Moi qui pensait que ce serait difficile avec un petit garçon ! Finalement, j’ai trouvé tant de choses qui me plaisaient et je me régale depuis un an. Tantôt des petites tenues rétro, tantôt des petites tenues confortables, j’adore et je te bouffe de bisous tous les matins quand tu es tout nu !

Premier mois, petit passage à l’hôpital pour ta double otite, premier Noël et premier séjour à Lyon. Tes premiers mois ont été bien actifs et c’était un régal de chaque instant. Avec ta sérénité, ton apaisement, c’était si facile d’être ta maman que l’amour a été immédiat, très intense, et croissant. Aucun stress pour me perturber, pas de maux pour m’inquiéter. Je n’avais qu’à t’aimer et on est vite devenus fusionnels. Avant que tu ailles dormir, je te sentais, je te bisouillais. J’aimais tendre mon oreille pour t’entendre respirer, encore aujourd’hui. Jamais je n’ai raté une occasion de te prendre contre moi, je me revois passer du temps juste à t’avoir contre moi et à te regarder dormir. J’aurais pu te poser et en profiter pour faire autre chose. Mais non, je voulais juste profiter de toi, de ces moments précieux qui filent à toute vitesse.

Le confinement est arrivé et l’année n’a pas été celle qu’on avait prévue. On comptait te faire vadrouiller, t’emmener partout, et cela a été plus limité. Par contre, ce confinement t’a permis d’être avec ta soeur pendant de nombreux mois. Quant à moi qui avait prévu de passer 10 mois à 2, il en a clairement été autrement ! On a profité en famille !

Le fait est qu’au bout d’un an, je suis une maman complètement folle de toi mon Jules. On me demande souvent ce que ça change un garçon. Ce qui change, ce n’est pas garçon ou fille, mais plutôt 2e vs premier. Pour Louise, les débuts étaient à tâtons, on découvrait le rôle de parents, on réfléchissait à nos gestes, à ce qu’on devait faire, on notait ce qu’elle buvait, on essayait d’anticiper les choses. Pour toi, beaucoup de choses sont faites machinalement, on est plus organisés, bien moins stressés. Je n’ai pas eu la sensation d’avoir autre chose à faire que de t’aimer. Tout le reste s’est fait naturellement. Du coup, l’attachement maximal est arrivé plus tôt. Je ressens un amour très animal, ce besoin de te coller à moi, de te câliner, de te regarder. C’est un amour très fusionnel. Chaque jour depuis un an, je te regarde, et je n’en reviens pas de me dire que tu es si beau, si doux, si coquin, que tu sois notre fils.

D’ailleurs, je dis souvent « mon fils », comme si tu m’appartenais. J’ai un comportement très louve, je suis très attachée. Promis, je te lâcherai un peu dans 15 ans !

En tous cas, mon petit garçon d’amour, rien de plus précieux ne pouvait rejoindre ta soeur. Cet amour inconditionnel, puissant, c’est si unique.

Et nous y voilà, un an. Je n’en reviens pas comme ça a passé vite, mais je suis contente, j’ai cette sensation d’avoir eu la chance et de m’être donnée les moyens de profiter de toi à fond. Même quand tu me réveilles la nuit, même quand tu te réveilles tôt, je te regarde, et je profite de toi, de ton odeur, de la douceur de ta peau, de tes jolis yeux bleus, de tes petites cuisses potelées et de tes petites mains qui tirent un peu trop mes cheveux. Je te regarde t’émerveiller, lever la tête pour regarder les arbres, attraper tout ce qui passe, t’énerver quand tu veux manger, grimper partout, filer à quatre pattes en te marrant et te mettre debout, jouer avec ta soeur qui te fait rire et tout faire comme elle … tout passe si vite !

Ce temps là ne reviendra plus, cette première année est passée, mais je sais que les suivantes seront riches, passionnées, puissantes, douces et remplies d’amour. Je ferai tout pour être la maman dont tu as besoin, celle qui t’écoutera et qui saura te guider si tu en as besoin, celle qui t’accompagnera dans ta vie, qui te donnera ses influences sans choisir pour toi, celle qui te donnera le goût des voyages, le goût du style, on comptera sur Papa pour le sport et le dépassement de soi par contre ! Je ferai tout pour être une maman là, présente, mais pas étouffante, une maman en qui tu auras confiance, une maman qui t’aimera qui que tu deviennes.

Je t’aime mon petit garçon, mon Jules. En me remémorant ces doux souvenirs, avec les yeux très embués, l’émotion palpable et les sanglots nostalgiques bien présents, je te souhaite un joyeux premier anniversaire ❤️

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24 Commentaires

  1. Cécile
    14 novembre 2020 / 10 h 24 min

    Magnifique récit

    • Maud
      Auteur
      17 novembre 2020 / 10 h 55 min

      Merci beaucoup !

  2. Melissa
    14 novembre 2020 / 11 h 23 min

    Wow bravo Maud! Quel joli souvenir tu laissés à ton fils. Tu as vraiment une belle façon d’écrire. Très joyeux 1 er anniversaire à Jules. Profitez bien de lui en famille.

    • Maud
      Auteur
      17 novembre 2020 / 10 h 55 min

      Merci, c’est adorable. J’aime tellement écrire …
      Maud

  3. Jennifer
    14 novembre 2020 / 11 h 34 min

    Ohhhh, j’étais trop émue en lisant ce beau texte ! Il sera tellement heureux de le découvrir un jour…

    • Maud
      Auteur
      17 novembre 2020 / 10 h 55 min

      Il en aura un par an. D’ailleurs, je n’ai jamais posté la lettre des 3 ans de Louise !

  4. Camille
    14 novembre 2020 / 12 h 12 min

    Très jolie lettre, j’ai la larmichette
    Sûrement parce que j’ai un petit garçon de 9 mois et que je me retrouve beaucoup dans ce que tu as écris…
    Joyeux anniversaire à Jules, et un peu à toi aussi finalement

    • Maud
      Auteur
      17 novembre 2020 / 10 h 55 min

      Oh tu es chou !
      Ah oui, c’est sûr !
      Maud

  5. Julie
    14 novembre 2020 / 12 h 15 min

    Mon dieu, j’ai pleurée du début à la fin, merci pour ce témoignage et cette lettre ouverte, maman d’une petite Evelyne de 7 mois, je commence a me reconnaître dans tes paroles et a réaliser comme le temps passe tellement vite,
    Bonne première année a tout les quatre et bon anniversaire à ce magnifique Jules dont les sourires illumine mon Instagram tout les jours !

    • Maud
      Auteur
      17 novembre 2020 / 10 h 56 min

      Oh mais tu es chou ! Et moi donc en l’écrivant !
      Oh oui, 7 mois, c’était en juillet pour nous, une belle période aussi.
      Maud

  6. Marianne
    14 novembre 2020 / 13 h 35 min

    Très joli article ! Tu m’as fait pleurer moi aussi. Et joyeux anniversaire à ton petit Jules. De la part d’une maman d’un Jules (3ans) et d’un Louis (8mois) qui adore te suivre

    • Maud
      Auteur
      17 novembre 2020 / 10 h 56 min

      Oh vous avez toutes pleuré !
      Ah, Jules et Louis !!
      Maud

  7. Armelle
    14 novembre 2020 / 15 h 54 min

    C’est un si beau texte, Maud.
    Oui, Jules est un petit garçon qui a l’air d’être très facile à vivre, doux, câlin et facétieux.
    Un vrai bonheur de le voir grandir et s’épanouir chaque jour à travers les jolies photos et vidéos que tu nous montres de lui sur Instagram.
    Bel anniversaire petit Jules, passe une belle journée et souffle bien ta bougie

    • Maud
      Auteur
      17 novembre 2020 / 10 h 46 min

      Oui, il est vraiment merveilleux ce petit coquin !
      Merci
      Maud

  8. Fatima
    14 novembre 2020 / 16 h 47 min

    On t’adore petit Jules un plaisir de te voir évoluer tous les jours Wish you a very happy birthday

    • Maud
      Auteur
      17 novembre 2020 / 10 h 46 min

      Merci beaucoup !

  9. Charlotte
    14 novembre 2020 / 17 h 01 min

    Très bel article, très émouvant, on ressent tout l’amour que tu portes à tes enfants. Bravo pour tout ça et un très bon anniversaire à ton Jules d’amour!

    • Maud
      Auteur
      17 novembre 2020 / 10 h 46 min

      C’est peu de le dire, c’est vraiment viscéral …
      Merci beaucoup !

  10. Héloïse
    14 novembre 2020 / 22 h 47 min

    C’est si beau ton texte! Comme toi, au début j’ai eu cette sensation d’inconnu quand j’ai eu min fils, pas de frère et maman d’une petite fille… c’est une relation qui se construit sans modèle, au feeling et c’est beau! Joyeux anniversaire à ton plus si petit Jules!

    • Maud
      Auteur
      17 novembre 2020 / 10 h 45 min

      Oui, exactement, c’est tout à fait ça !
      Maud

  11. Marie
    15 novembre 2020 / 0 h 22 min

    MA-GNI-FIQUE

  12. Amélie
    15 novembre 2020 / 10 h 45 min

    Bonjour Maud,

    Cette lettre pour ton petit Jules est sublime, en lisant ces lignes bien évidemment une petite larme se profile au coin de mon œil.
    Je dois accoucher dans 3 jours d’un petit prince qui lui aussi se sent super bien en siège. Tout ce que je souhaite, c’est d’avoir une relation aussi fusionnelle que celle que tu viens de nous décrire avec Jules.

    Belle journée.

    • Maud
      Auteur
      17 novembre 2020 / 10 h 47 min

      Oh merveilleux !
      J’espère qu’elle va durer cette relation, j’aime trop.
      Courage pour demain <3
      Maud

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